Jean FERRAT.  

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vendredi 23 août 2013

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Joël LEPLAT

À

Jean FERRAT

Cher Jean FERRAT,

Vous ne me connaissez pas, je ne sais si ma lettre vous parviendra, qu’importe, je veux vous dire merci pour mon chant quotidien.

Je ne suis qu’un petit artisan de savoir :
La lune et les étoiles, par les volets toujours ouverts, falottent mon réveil matin. Je le guette et l’assomme à son premier grelot.
J’abandonne la couette, à regret, déjà fiévreux. Il est cinq heures trente.

Je ne suis qu’un petit artisan de savoir. Chaque jour, avant l’aube, je repasse les mots qu’à pelletées mesurées je vais jeter sur les têtes ardentes, attentif aux flammèches ou fumerolles.

A sept heures dix je chausse mon auto de sept lieues.

Et commence le chant :

Je vous suis à Cuba, en Amérique du Sud, en Ardèche; j’accompagne Trenet, au bord de la mer, Brassens et Villon, au verger du Roi Louis ; Verlaine et Ferré sous le Pont Mirabeau.
Je pleure avec vous, Aragon, Machado, Neruda …
Avec vous, je me mêle au carnaval de Santiago De Cuba et je danse.
Avec vous, j’étreins les marins du Potemkine, le pauvre Indien et tous ces innocents étonnés de leurs blessures et du sang rouge qui gicle et noircit…
Avec Leclerc et Rutebeuf, je songe au temps passé.
Avec vous, je voudrais mourir au soleil.

Avec vous, je m’apaise. J’arrive au Lycée, l’âme nourrie, pour en nourrir d’autres.
Voilà 30 ans que ça dure.

Il est tant de poètes, tant de troubadours partis trop tôt, que je n’ai eu l’heur de saluer !
Mais vous êtes là et voilà pourquoi je brûlais de vous remercier.

Longue et heureuse vie à vous, à ceux qui vous sont chers, en vos terres d’Ardèche.

Fait le 10/06/2005

Joël

Et Jean FERRAT eut la gentillesse de me répondre le 20/06/2005 avec cette humanité des grands:

Joël LEPLAT (tous droits réservés)

La dernière mise à jour de ce site date du 23-08-13