Reine trône assise 

Eternelle fiancée.

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dimanche 12 janvier 2014

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L’aube revisitait ma chambre d’étudiant

Tu m’apparus alors, à la fenêtre close

Où tu flottais voilée, irisée sous le vent...

Je sortis du sommeil, gai, comme d’un fest-noz.

 

Dès lors aveuglément, c’était toi je le sus

La frêle apparition, bientôt mon épousée

J’allais en Albanie, et je t’y reconnue

Aigrette en migration, gracieusement posée.

 

Je vis dans tes yeux bleus, tout le ciel de Provence

Je plongeais me noyais, en leur pure lumière

Ton sourire éclaira, l’avenir et ma chance

Je cherchai la pénombre, où viendraient les chimères...


De retour au pays, sans rien nous être dit

Que muette espérance, nous nous sommes écrit !

Vint le premier baiser, sur un banc à Paris

A l’aplomb de l’été, sourds au charivari !

 

Et voilà qu’on vieillit ! On reste tête à tête !

Tu ne m’as jamais dit, ni « amour » ni « je t’aime »,

Mais parfois... « Tu sens bon... le soleil et la fête »

Pudique épanouie, c’est bien tout ce que j’aime !


Nos enfants sont partis, comme font les comètes,

Alors qu’ils pédalaient devant notre tandem,

Mais tu es avec moi, gaie comme une alouette

Vive comme autrefois, ignorant le carême.

 

Je t’écoute ravi, faire parler le chat

Rapporter les potins, en nulle acrimonie

Propos virevoltant, sautillant entrechat

Qui nous fait si riants, et tant nous rajeunit.

 

J’apprends à ton souri, si mutin si radieux

Que brûlures du temps, n’ont pas su démentir

Le léger de chérir, le vivre délicieux

J’apprends à rafraîchir, gaiement les souvenirs.


Et je te vois encor, assise gracieuse

Sur ce trône de pierre en un parc oublié

Légèrement vêtue, la mine facétieuse

Insolente posée, en reine pétrifiée.

 

Joël LEPLAT (tous droits réservés)

La dernière mise à jour de ce site date du 12-01-14