Grand père.

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mardi 20 août 2013

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En certains soirs de vague à larmes,
Je retourne au jardin d’Angers
Où tes sabots sur le gravier
Aux étourneaux, donnaient l’alarme...

Sous un ciel bleu roi opulent
Où s’espacent de blancs chalands
Je te cherche, silencieux...
Oh mon grand-père, facétieux !

La chaise longue d’osier blond
Sous le frais de l’abricotier
Où tantôt tu as sommeillé
Façonne à ton dos un vallon

Ça sent le thym et le laurier
Que butinent bourdons, abeilles
Ça sent le savon de Marseille
Posé sur le coin d’un évier

Partout où s’est posée ta main
Le jardin semble à ton image
Modeste, généreux et sage
Rien du potager châtelain

L’ardoise bleue de Trélazé
Aux pieds des Hortensias, pilée ;
La tonnelle où monte une allée
Égoutte au matin sa rosée...

Tu semblais venir de si loin
Comme d’un puits, une eau profonde
À midi, on y voit le monde
Et son visage dans un coin...

Ta silhouette je l’entrevois
Arquée au dessus de la bêche
Sous le béret pas une mèche
Patient à la vie devant soi...

Horloger de mon nouveau monde
Comme un balancier, ton outil
Placidement rythmait ma vie
Et l’Univers faisant sa ronde.

Ton visage encore je vois
Sourire doux et malicieux
Mais je perds le bleu de tes yeux
Déjà je n’entends plus ta voix...

2012

Joël LEPLAT (tous droits réservés)

La dernière mise à jour de ce site date du 20-08-13